On assiste à la 3e autodestruction de l’Europe sous direction allemande …

Texte d’Emmanuel Todd :

Ce qu’on a vu depuis 2011, c’est l’incroyable obstination des élites européennes – et notamment des élites françaises néovichystes : mélange de catholiques zombies, de banquiers et de hauts fonctionnaires méprisants – à faire durer ce système qui ne marche pas.

L’euro est le trou noir de l’économie mondiale.

L’Europe s’est obstinée dans une attitude d’échec économique incroyable qui évoque en fait un élément de folie.

On est dans l’irrationnel et la folie: une sorte d’excès de rationalité qui produit un irrationnel collectif.

D’un côté, ça peut encore durer très longtemps.

Mais d’un autre côté, ce que j’ai senti, et pas seulement chez les Allemands et chez les Grecs, c’est le début d’un vertige, d’une attirance par la crise.

Personne n’ose dire que ça ne marche pas, personne n’ose prendre la responsabilité d’un échec – car c’est un échec ahurissant, l’histoire de l’euro! – mais on sent aussi chez les acteurs une sorte de besoin d’en finir.

Plutôt une fin effroyable qu’un effroi sans fin.

Dans ce cas, la Grèce serait le détonateur.

Les gens sont au bord d’une prise de conscience du tragique réel de la situation.

Le tragique réel de la situation, c’est que l’Europe est un continent qui, au XXe siècle, de façon cyclique, se suicide sous la direction allemande. 

Il y a d’abord eu la guerre de 14, puis la deuxième guerre mondiale.

Là, le continent est beaucoup plus riche, beaucoup plus paisible, démilitarisé, âgé, arthritique.

Dans ce contexte ralenti, comme au ralenti, on est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous la direction allemande. 

Et quid de la Grèce?  »

Est-ce que ça prendra 5 ans ? … 10 ans ?

Mais la Grèce va commencer à se sentir mieux à l’extérieur de la zone euro.

Les Grecs sont des gens remarquablement intelligents et adaptables, et qui auront de plus le soutien du patriotisme comme facteur de redressement.

Et c’est à ce moment-là que la situation deviendra insupportable sur l’euro.

Laisser sortir la Grèce, c’est prendre le risque d’administrer la preuve qu’on est mieux à l’extérieur de la zone que dedans.

Quand on est dans l’Europe folle, on a l’impression que les forces anti-grecques sont majoritaires de façon écrasante.

Mais quand on lit la presse internationale, on se rend compte que les Grecs ont tout le monde avec eux !

Lisez simplement la presse américaine: elle considère que les gens de Bruxelles, de Strasbourg et de Berlin sont complètement fous!

Il y a énormément de gens qui auront intérêt à retaper la Grèce, à commencer par les Américains, qui ne peuvent pas permettre que ce pays parte en lambeaux, compte tenu de sa position stratégique. 

Plein de gens vont aider la Grèce, c’est ça le problème… »

Après son humiliation européenne, la Grèce se fera courtiser (sinon engrossée) par Vladimir Poutine et par Barack Obama, ne fut-ce qu’en raison de sa situation géostratégique !

Pour plus d’informations :

http://www.les-crises.fr/on-assiste-a-la-3e-autodestructio…/

 

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