UN BANC D’ESSAI POUR LE DUMPING SALARIAL ET SOCIAL : LES « OSSIS »

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UN BANC D’ESSAI POUR LE DUMPING SALARIAL ET SOCIAL : LES « OSSIS »

Notre nouveaux modèle social.

L’est de l’Allemagne a été un banc d’essai pour le dumping salarial et la mise à sac des acquis sociaux, pour le contournement des conventions collectives et l’expérimentation de nouveaux rapports sociaux.

Le 14 septembre 2010, la chaine Allemande ZDF diffuse un reportage sur les aspects économiques de réunification allemande : « Le pillage et la liquidation de la RDA ». On y voit une image très nuancée de l’économie de la RDA, loin des clichés des usines grises et obsolètes. Bien sûr elles sont bien là, mais on découvre aussi une économie moderne, inconnue semble-t-il des médias occidentaux. On découvre qu’il y avait des banques publiques qui lors de l’annexion par la RFA en 1990 se sont vue vendues bien en-dessous de leur valeur aux banques privées. En 1995, la cour des comptes de la république fédérale posait le constat selon lequel cette privatisation avait porté « un lourd préjudice » à l’économie est-allemande.

Le reportage de la ZDF fait aussi le bilan de la société de curatelle. L’économie de la RDA n’était pas du tout en faillite. Ce n’est qu’avec l’instauration du deutsche mark ouest-allemand à un taux totalement arbitraire que l’économie de l’Allemagne de l’est a vu ses actifs dépréciés, déclare Edgard Most ex-patron de la banque d’état est-allemande.

A la fin du travail de la curatelle en 1994, des milliers d’entreprises publiques ont été vendues au secteur privé à des prix toujours inférieurs à leur valeur réelle. Avant ces privatisations en 1990 4.000.000 de personnes travaillaient dans les douze milles entreprises placées sous le contrôle de la curatelle. Après 4 ans de travail du belge André Leysen dirigeant cette curatelle et ancien patron d’Agfa Gevaert et ex président de la FEB, ils n’était plus qu’un demi million.

3.500.000 emplois avaient été détruits en moins de 4 ans et cela uniquement pour le travail confié à la curatelle sous la présidence de André Leysen.
Pour la totalité de l’Allemagne de l’Est on estime à environ 6.000.000 d’emplois détruits. un véritable saccage.

L’est de l’Allemagne a été un banc d’essai pour le dumping salarial et la mise à sac des acquis sociaux, pour le contournement des conventions collectives et l’expérimentation de nouveaux rapports sociaux. Le terrain d’expérimentation de l’Est à séduit des entrepreneurs dans toute l’Allemagne et dans les pays limitrophes comme la Belgique. On a vu comment, les ouvriers de chez Volkswagen ont du accepter de perdre 17.9 % de leur salaires. Le patron lui n’a rien perdu et en définitive 32.000 travailleurs du groupe ont perdu leur job. Ce n’était que le début.

En 1996 la coalition au pouvoir la coalition rouge-verte (socialiste et écologiste) de Gerhard Schöder, voulait moins de réglementations sur le marché du travail et Ils estimaient que les coûts salariaux devaient être abaissés, qu’il fallait réduire les cotisations patronales. Cela a pris du temps mais ils y sont parvenus en août 1999, Gerhard Schöder et Tony Blair couchent sur le papier un manifeste qui reçoit comme titre : « La voie à suivre pour les sociaux-démocrates européens ».

En 2002 le premier plan instauré prévoit une modernisation du marché du travail, il doit faciliter les licenciements, diminuer les cotisations à la sécurité sociale, diminuer les allocations de chômage dans le temps, contraindre les chômeurs a accepter tout travail n’importe où en Allemagne, favoriser les contrats temporaires, …
Tout se déroule sous le concept « avoir un emploi ». On glisse du concept « avoir un emploi » à « avoir un job ». Plus de contrats fixes, plus d’horaire fixe, plus de salaire permettant de joindre les deux bouts.
En Belgique on pourrait dire avoir « un job pour tous ! ».
Avec une bonne communication, tout le monde applaudirait, les syndicats les premiers.

Revenons à l’évolution en Allemagne et au modèle sociale que nos gouvernements mettent en place chez-nous aujourd’hui.

C’est en mars 2003 qu’est lancée la campagne qui va amener ces changements profonds. Le slogan est : « A l’avenir nous n’autoriserons plus personne à vivre aux crochets de la société. » de 2003 à 2005 pas moins de 4 réformes successives vont être mise en places.
Le travail intérimaire va être assoupli. Les mini-jobs voient le jour, payés moins de 400 € par mois. Et après un an de chômage, on dépend du CPAS.

C’est grâce à ces salaires précaires et mal rémunéré que les entreprises allemandes vont pouvoir vendre leurs produits à bas prix à l’étranger. La puissance économique de l’Allemagne se base uniquement sur l’appauvrissement de la classe moyenne.

L’indignation dans la population grandit, l’anxiété aussi. Celui qui travaille s’estime déjà heureux d’avoir un boulot et se tait. Après tout, il y a assez de gens qui attendent pour le remplacer, pour moins cher et sous un moins bon contrat. 6.000.000 d’emplois détruits en RDA cela fait une belle concurrence sur le marché du travail. Les travailleurs ne manquent pas et sont prêt à tout pour obtenir un emploi.

La quatrième réforme : « loi sur les prestations de services modernes sur le marché du travail ».

Jugez plus tôt de la brutalité de cette modernité. Après un an de chômage vous êtes dépendant du CPAS, les plus de 55 ans ont droit à un traitement de faveur, ils ont droit à 1,5 ans de chômage. L’assistance est de 364 € par mois pour un isolé ou un chef de ménage. Avec un complément de 215 à 387 € par enfant à charge. Si on ne possède pas de maison, on perçoit aussi un montant fixe pour le loyer et les frais de chauffage. Du moins, si on a plus de 25 ans. Pour bénéficier de ces montants, il faut avoir épuisé ses économies. On ne peut pas non plus avoir un conjoint ou un parent cohabitant qui a des revenus.

Toutes ces personnes, comme chez-nous les exclus et les dépendants du CPAS, n’apparaissent plus dans les statistiques du chômage.

Le contrôle des chômeurs a un accès complet à tous les aspects de votre vie privée. Ils épluchent les comptes bancaires, visites au domicile à l’improviste, cet appareil à écran plat dans le salon n’est-ce pas du luxe. Ne pourriez-vous pas le vendre ? La charge de la preuve vous revient. En cas d’infraction, toutes les allocations, y compris celles destinées au paiement du loyer et du chauffage peuvent être supprimées.

On estime à 500.000 chômeurs allemands a avoir ainsi perdu toute allocation.

Angela en fait partie. En fin 2010, elle a reçu une offre de travail dans une cantine scolaire. Payé à 1 € de l’heure. Enceinte de 4 mois, Angela à constaté vu, son état, que cela lui était impossible. Elle a perdu trois mois d’allocation ainsi que ces indemnités de grossesse.

En Allemagne des jobs à 1 euro de l’heure sont monnaie courante, tailler les haies, balayer les rues, faire les courses pour des institutions de soins ou nettoyer des bâtiments publiques. Officiellement, il s’agit seulement de faire du travail « utile et compensatoire pour la société ». Mais les entreprises privées utilisent aussi le système. Et c’est ainsi que disparaissent des emplois fixes.

Tout qui, dont on estime qu’il dispose d’argent « superflu » atterrit dans un sous-statut, inférieur au minimum vital. C’est cela que le socialiste Gerhard Scröder appelait « donner plus de chance d’accès au marché du travail » le plan d’activation des chômeurs.

Et c’est aussi des socialistes qui en Belgique ont mis en place le plan d’exclusion des chômeurs en stage d’insertion, pour le même prétexte, « facilité l’accès au travail ».

A côté de cette allocation de misère existe une obligation importante. Chaque jour de la semaine, sauf le dimanche, il faut être disponible de 8 à 20 heures. Il faut accepter n’importe quel boulot, où que ce soit.

En 2010, 828.000 sanction ont été prise à l’encontre des allocataires.

Tout cela donne matière à penser et spécialement dans un pays comme le nôtre où des gens comme Bard De Wever, suivi par Alexander De Croo et charles Michel, aspirent à instaurer ce système.

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